Carnet #25 - Variations sur le vide : 5 bonnes raisons pour le ressortir

Raison #1 : C’est pas mal bon 

Et c’est pas moi qui le dit. Selon les archives dans lesquelles je me suis replongées dernièrement, y’a entre autres Francis Hébert du Voir qui raconte que « Fortier sait mieux que quiconque en nos terres composer de grandes chansons pop ». On va se le dire, il exagère un peu, mais bon, ça se prend quand même bien. 

Sinon à la défunte émission Bande à Part, on avait parlé de « textes d’une sensibilité à faire frémir, une voix caressante, assez de mélodies pour nous faire fredonner à répétition… ». Toujours sur la radio d’état, Alain Brunet avait affirmé à l’émission matinale de Marie-France Bazzo que Variations sur le vide était « Un de meilleurs disques d’auteur-compositeur-interprète masculin de l’année 2005. Très McCartney au sens de la mélodie et du type d’arrangement ». Oui oui. 

Je citerai pas tout mon dossier de presse, vous en avez déjà une bonne idée. J’aimerais par contre souligner que Sylvain Cormier a jamais rien écrit à mon sujet. Il avait peut-être pas apprécié que j’aille porter mon disque directement dans sa boite aux lettres. Comme aucun label avait voulu me signer à l’époque, je me débrouillais comme je le pouvais. C’était un gars à Radio-Can qui m’avait conseillé de le faire, il m’avait même donné son adresse. Je me souviens pu qui c’était mais je me rappelle qu’il était très enthousiaste. Un peu trop peut-être… 

Mais je me plains pas - je serais mal placé - surtout que peu de temps après, Isabelle Porter allait justement écrire dans les pages du Devoir que « Cet album-là est plein de perles… Une fille pour l’été a la perfection des classiques… ». C’était il y a 15 ans et à lire le courrier des lecteurs du Devoir ces temps-ci, pas sûr qu’ils seraient nécessairement tous d’accord avec cette affirmation concernant Une fille pour l’été. Certains ne manqueraient pas d’y voir une chanson qui fait l’apologie du patriarcat. Et que le choix des instruments, notamment le banjo et la mandoline, rappelle un peu trop la musique des rednecks suprémacistes. Ce à quoi je répondrais que comme mes filles fréquentent l’été un rock camp où sont acceptées seulement des filles, des trans ou des personnes non-genrées, ça s’annule. 

Raison #2 : Il est plus disponible 

On a beau chialer contre les Spotify et Apple Music de ce monde, j’aime quand même mieux qu’on puisse avoir accès à aux chansons de Variations sur le vide que pas pentoute. Mais comme j’ai toujours trouvé qu’il sonnait un peu trop boomy, Jean-Sébastien, mon partenaire dans Le Bleu du Feu, va le remasteriser. Et corriger 2-3 trucs qui m’ont toujours achalé… C’est d’ailleurs grâce à lui si on le ressort. Il revenait sur l’idée de temps à autres l’automne dernier, sans que cela ne suscite chez moi trop d’enthousiasme - on travaillait sur des compos récentes et je me disais que ça nous retarderait - , jusqu’à ce que je réalise durant les Fêtes que ça fera 15 ans cette année qu’il est sorti et que 15 ans, ça donne un beau chiffre rond pour ce genre de projet. 

Raison #3 :  J’ai une chanson inédite 

J’avais décidé de pas l’inclure à l’époque parce que le 3e couplet m’énervait, j’aimais pas les paroles. Elles clashaient trop avec le propos général, propos qui m’échappait il faut le dire. Mais maintenant que je sais de quoi cette chanson parle, j’ai pu la compléter comme il se doit avec un 15 ans d'intervalle. Ça s'appelle Une place et j'ai bien hâte de vous la faire entendre.

Raison #4 : Le vinyle est revenu en force*

J’en ai magasinés pour donner en cadeau à Noël à mon neveu et je me suis dit que ça serait bien d’avoir Variations sur le vide avec une belle grosse pochette en carton comme dans l’bon vieux temps. Et comme j’avais clairement pas choisi le meilleur cliché à l’époque parmi les photos que mon amie Claudine avait prises, je vais en profiter pour rectifier la chose; le cover sera donc un peu différent. Je serai aussi en mesure de réaliser l’idée initiale que j’avais en tête. Je voulais une pochette qui évoquerait l’esprit Verve/Blue Note fin ’50 début ’60. J’avais manqué ma shot à l'époque mais je pense bien pouvoir me reprendre cette fois-ci. J’ai l’air un peu fendant sur la nouvelle photo mais ça me dérange pas, je pourrai dire que j’étais jeune et con. Ce qui est pas faux comme vous pourrez le voir au prochain point. Aussi, de le sortir en vinyle m’a amené à repenser l’ordre des chansons. De les aligner sur 2 faces distinctes en a fait un meilleur album je pense, ça coule mieux. Reste juste à m’acheter un table tournante maintenant. 

Raison #5 : J’en profiterais pour répondre comme du monde… 

… à Michel Rivard. Ça fait 15 ans que je me sens mal. Le disque était venu à ses oreilles et non seulement il avait beaucoup aimé, il avait pris la peine de m’écrire un courriel pour me le signifier. Voulant être à la hauteur de son message, j’avais commencé à lui répondre… avec beaucoup trop de sollicitude. J’étais tellement têteux que j’ai arrêté, me disant que les mots justes me viendraient le lendemain. Puis le surlendemain. Puis la semaine d’après. Faut dire que c’était pas la période la plus straight de ma vie… et pour une raison que j’ignore encore à ce jour, j’ai jamais su répondre comme du monde. Alors Michel, sache que je te remercie pour ton mot, et que même si ça fait 15 ans, il me fait toujours chaud au coeur. Et désolé pour mon silence. Des fois, j’ai juste pas d’allure. 

 

*Étant donné les circonstances, la sortie vinyle est repoussée. Je vous aviserai quand je pourrai le lancer dans une vraie salle avec du vrai monde, comme dans l'temps...

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