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#22 Une nouvelle sorte de musique  

Ça a peut-être à voir avec le fait que je n’ai pas de cell mais j’ai très mal négocié le virage numérique. Et ce n’est pas le musicien qui parle ici mais le fan de musique. Quand on a quitté notre appartement dans Villeray pour acheter un condo dans Rosemont il y a 7 ans de cela, je me suis départi de tous mes cds. Pour gagner de l’espace, j’avais décidé de les transférer dans mon Mac croyant que cela ne ferait aucun différence. Mais ça en fit toute une : j’ai pratiquement arrêter d’écouter de la musique. Et Dieu qu’elle m’a manqué. J’ai consigné quelque part la suite d’événements heureux et improbables que le début de l’année m’a réservée - 2019 a vraiment commencé en lion ! - mais je réalise que j’avais oublié dans ma liste le retour de la musique. Je me suis mis tout simplement à racheter des cds. Au diable la dépense - au moins ils ne sont plus rendus chers - le retour sur l’investissement en vaut largement la chandelle, ne serait-ce que pour l’envie de danser et de chanter que la musique me procure à nouveau, ou tout simplement la joie que son écoute attentive m'apporte. Mais c’est aussi d’en faire, en jouant « live » avec un groupe - un gros groupe, une chorale de 60 personnes - qui m’a pour ainsi dire reconnecté avec son étonnant pouvoir. 

J’ai exploré dans ce carnet quelques-unes des raisons qui expliqueraient le pouvoir de la musique, pouvoir qui je crois repose en grande partie sur le fait que la musique sait susciter non seulement de l’émotion mais aussi, ou plutôt surtout, du sens … et cela sans qu’aucun mot n’ait besoin d’être prononcé il va sans dire. La musique est un étrange carrefour dans lequel vibrent d’apaisantes et réjouissantes harmonies, comme si le divin - appelons ici divin la "chose"  immanente et incréée qui fait qu’il y a bel et bien quelque chose au lieu de rien, et qu'on puisse en plus le constater, et en parler. On s'est habitué mais c'est pas banal pour autant... - donc comme si le divin arrivait à se manifester malgré notre entendement limité et notre incapacité à comprendre pleinement d’où nous venons vraiment. La musique agirait ainsi comme un phare, un signal qui émanerait à partir de simples vibrations, organisées selon des principes mathématiques simples - rythmiques et harmoniques - et qui nous transmettraient quelque chose d’intelligible, d’esthétique et de bel et bien réel malgré son caractère évanescent, tel un récit duquel on ne saurait dire exactement ce qui a été exprimé mais dont on ne pourrait nier le déroulement et l’émotion qu’il suscite.

Avec plus d'envergure, on peut entendre dans le vidéo ci-dessus Peterson résumer parfaitement l’essence de ce que j’essaye d'exprimer. Et s’il est aujourd’hui connu pour d’autres raisons, c’est bien parce que je cherchais à entendre ce que d’autres personnes avaient à dire sur cette hypothèse - si je me souviens bien, j'avais tapé les mots "meaning of music" pour lancer ma recherche - que je suis tombé pour la première fois sur lui. Je prends le temps de le mentionner car on aime beaucoup caricaturer sa pensée et on aurait tort de penser que par conséquent il ne dit rien de censé... La démonstration qu'il fait du caractère transcendantal de la musique - transcendantal  en ce sens que le langage n'est pas capable de rendre réellement compte de la manière dont nous ressentons l'expérience musicale - sa démonstration est très éloquente je trouve. Mais bon, ce n’est pas tant de cela que j’aimerais causer que des transformations qu’a subies la façon dont nous produisons, écoutons et consommons la musique, et du possible lien qu’il y a à faire avec ce que j’ai énoncé en introduction.

On le répète beaucoup, l'industrie musicale est en crise. Et cela fait plusieurs années que cette idée me taraude : et si c’était la musique elle-même qui en avait marre du star-system, de sa confiscation par l’industrie et qui aspirerait à revenir à quelque chose de plus global, intégral, inclusif, de plus direct..? Rassurez-vous, je ne dis pas que la musique ait conscience de quoi que ce soit mais comme n'importe quel système qui se constitue, le potentiel d'un système contraire est automatiquement généré. Autrement dit, notre relation avec la musique n'a pas besoin de rester la même. Lorsqu’on demeure strictement spectateur ou auditeur, aussi plaisante soit-elle, cette expérience n’atteint pas le potentiel optimal qui pourrait advenir si celui qui écoute devenait également un performer, prenait part au spectacle et devenait pourquoi pas co-créateur d’une oeuvre en devenir ? En d’autres mots, pourquoi ne pas abolir la frontière entre la scène et le spectateur, pourquoi ne pas transformer l’auditoire et les musiciens en un seul et même band ? J'adore travailler avec mon ordi et en studio, jouer de la guitare, de la basse, du clavier, chanter, trouver des arrangements ; bref tout le processus et la collaboration qui vient avec. Mais cette façon de travailler la musique est pour moi d'une nature très différente que ce que je propose ici. Cela fait maintenant plusieurs années que je jam avec des amis, et cette idée est d'abord née du plaisir d'être connecter plus directement à la musique, d'une manière plus spontanée, dans une posture un peu plus groovy et moins mélancolique que mes propositions précédentes.

À la manière d’un processus évolutif, je suis convaincu que depuis les années 1950, l’engouement, pour ne pas dire l’ensorcellement, provoqué par la musique chez la jeunesse et la population en général a eu pour effet de développer et améliorer l’oreille d’un nombre significatif d’individus qui, à force d’écouter et de chanter les chansons préférées des artistes qu’ils aiment, ont fini par atteindre un standard fort respectable. J’en ai pour preuve la chorale que j’accompagne à chaque semaine et qui réussit à la fin de chaque soirée à monter à l'oreille et sans partition un arrangement vocal à 3 voix ( 3 harmonies différentes ; basse, alto et soprano ) avec une qualité impressionnante et ce, même si la majorité chantait en groupe pour la première fois de leur vie. Et tous sont unanimes, le plaisir ressenti, le bien-être qui en découle est immensément bénéfique. Normal, nous vibrons littéralement tous en harmonie. C’est là un des grands pouvoirs de la musique qui, lorsqu’expérimenté simultanément en grand nombre, amène une joie réelle et palpable, qui unifie et laisse derrière tous ce qui pourrait nous diviser. Il y a là je crois un véritable potentiel thérapeutique, libérateur qui reste à exploiter et explorer et dont la nécessité est plus que jamais pertinente étant donné la drôle d’époque qui s’est amorcée avec la révolution numérique et ses réseaux sociaux et les effets divisifs que cela entraine. Et je ne parle pas ici de reprendre en choeur des vieux succès - ce que j'adore faire avec Choeur de Loups - mais plutôt d’improviser, sous la direction d’un chef de choeur, des motifs mélodiques et de les superposer sur des riffs que joueront des musiciens. Ces derniers auront des blocs musicaux déterminés mais dont la durée et l’intensité varieront et sur lesquels divers improvisateurs - cuivres, guitares, claviers, accordéons, name it… - pourront avec le choeur y aller d’une envolée et se joindre aux voix qui se mêleront.

Bien sûr, cela ressemble aux cercles de chant ( circle songs ) qu’anime Bobby McFerrin, à la différence qu’ici, tout le monde est convié, pas besoin de préalablement faire partie d’une chorale ou de prétendre savoir chanter. Aussi, il n'y aurait pour ainsi dire aucun spectateur, tous seraient invités à participer.  L’accompagnement par une section rythmique et harmonique viendrait aussi varier, épicer un peu plus la formule de McFerrin qui, à ce que j’en sache, reste essentiellement vocale. 

Se sortir de la société du spectacle, s’affranchir de la relation auditeur/performer, jouer différemment avec la musique, essayer d'y insuffler un nouveau sens, voilà quelques-uns des impacts que cette façon de jouer ensemble pourrait amener, en plus d’abolir - le temps d’une, 5 ou 12 « chansons » - nos différences, et ce faisant, se sortir du virtuel, communier un peu + dans le réel.

#19 L'Univers, cet incubateur de conscience  

Je vais vous épargner les détails concernant un nouveau courant philosophique qui prend naissance parmi certains théoriciens de l'évolution, mais en gros, disons que le courant dominant, matérialiste, qui teintait d'une certaine manière la façon de penser et de concevoir l'évolution, d'envisager ses mécanismes et ses (non) intentions, disons que cette vision commence à être contestée par une nouvelle frange. On s'entend, les adeptes religieux ont depuis toujours rejeté le processus évolutif dont la base de la théorie furent brillamment jetées par Darwin ( et Wallace ). Mais ce qui étonne le plus parmi les partisans d'une théorie de l'évolution plus ouverte, c'est que même si la plupart s'affichent comme athée ou agnostique, cela ne les empêche pas pour autant d'examiner des pistes qui vont à l'encontre de la vision matérialiste du dernier siècle. 

Je recommande grandement le visionnement du vidéo ci-bas. Je suis loin d'en savoir beaucoup sur le sujet mais l'invité est un formidable vulgarisateur et il explique bien comment l'athéisme militant de certains experts de l'évolution tel Richard Dawkins - avec lequel il revient d'un débat et à qui il voue encore aujourd'hui un grand respect – les amène à penser d'une certaine façon et qu'il est possible que cela ait engendré quelques cul-de-sacs concernant des concepts relatifs à la théorie de l'évolution. 

J'avais déjà exposé dans mon carnet #7 pourquoi malgré son caractère aléatoire, il peut être légitime d'interpréter le processus évolutif comme étant un phénomène inéluctable de complexification et de spiritualisation de la matière. Et quand même qu'on contesterait cette façon de voir le phénomène, un fait demeure : l'Univers - aussi sombre, froid et vaste soit-il -, est un incubateur de conscience.. ! 

Teilhard De Chardin - jésuite et paléontologue - fut l'un des premiers parmi l'Église Catholique à tenter de concilier le mécanisme de l'évolution et ce que le dogme affirmait concernant l'apparition de la vie et de l'Homme sur la terre. Je continue avec cet extrait du carnet #7... Décédé en 1955, Teilhard de Chardin – Pierre de son prénom - avait émis des idées que l'Église jugeait incompatible avec sa doctrine et l'avait contraint au silence. Ce n'est qu'après sa mort que ses livres ont été publiés et que cette même Église a finalement repris en partie ses thèses pour démontrer que Dieu et la théorie de l'évolution peuvent co-exister.   

Teilhard De Chardin s'est exprimé sur de nombreux sujets mais on retient surtout de lui son concept de la Noosphère. Noos qui veut dire esprit/raison/pensée en grec. Grosso modo, il y a selon lui 3 stades qui caractérisent l'évolution de notre planète. La Lithosphère; liée à la fabrication et l'organisation de la matière, la Biosphère; qui concerne l'apparition et le déploiement du vivant, ainsi que la Noosphère; qui correspond à l'émergence de la conscience. Toujours selon De Chardin, la conscience, étant déjà latente en la matière - ne serait-ce qu'en tant que principe organisateur – crée inlassablement les conditions nécessaire à son déploiement, tel que le démontre l'évolution de notre planète... Notons que cette hypothèse n'a pas besoin d'une intervention divine pour s'articuler car la conscience, mue par la volonté propre qu'elle a de se (re)connaître, met toute son énergie à transformer l'inerte en vivant, et le vivant en conscient. On est donc pas ici en présence d'un Dessein Intelligent ; les mécanismes de la sélection naturelle ont toute la latitude voulue pour s'exprimer, réussir ou échouer, comme Darwin l'a suggéré. À la différence que la Création tend ici vers un but ultime: le point Oméga, un point que l'humanité atteindra une fois que son potentiel spirituel sera pleinement développé. C'est pourquoi Teilhard De Chardin interprète la crucifixion et la résurrection d'un dieu qui s'est fait chair comme étant l'illustration du parcours qu'emprunte l'esprit afin de s'incarner et ainsi spiritualiser la matière. Autrement dit ( j'ai perdu le lien et donc le nom de l'auteur des prochaines lignes, dont certaines sont aussi de Teilhard De Chardin ) : 

« Il est impossible, en effet, pour Teilhard d’échapper «à l’idée que la spiritualisation progressive de la matière», à laquelle la paléontologie lui faisait si clairement assister, « puisse être autre et moindre chose qu’un processus irréversible dans lequel, suivant son vrai sens, la matière, au lieu de s’ultra-matérialiser » (c’est-à-dire de tomber dans une inopérante et stérile inertie), «... se métamorphose au contraire irrésistiblement en Psyché » (c’est-à-dire en une complexité organique conditionnant l’apparition possible d’une conscience animale et finalement humaine, comme nous voyons que les choses se passent en cours d’évolution). » 

Il est intéressant de noter que pour notre controversé jésuite, l'échec est aussi une possibilité ; rien ne garantit le succès de l'entreprise, qui, si elle échoue, devra reprendre à zéro le processus de spiritualisation de la matière. Mais quelques milliards d'années de plus ou de moins, qu'est-ce que ça change en regard de l'Éternité ?, je vous le demande... 

Un autre penseur, Alan Watts, apporte une explication complémentaire au processus évolutif. Et c'est tout simplement brillant en ce qui me concerne :

« God... likes to play hide-and-seek, but because there is nothing outside God, he has no one but himself to play with. But he gets over this difficulty by pretending that he is not himself. This is his way of hiding from himself. He pretends that he is you and I and all the people in the world, all the animals, all the plants, all the rocks, and all the stars. In this way he has strange and wonderful adventures, some of which are terrible and frightening. But these are just like bad dreams, for when he wakes up they will disappear. Now when God plays hide and pretends that he is you and I, he does it so well that it takes him a long time to remember where and how he hid himself. But that's the whole fun of it—just what he wanted to do. He doesn't want to find himself too quickly, for that would spoil the game. That is why it is so difficult for you and me to find out that we are God in disguise, pretending not to be himself. But when the game has gone on long enough, all of us will wake up, stop pretending, and remember that we are all one single Self—the God who is all that there is and who lives for ever and ever. » 

Le problème du Mal, qui sert d'argument à plusieurs athées pour réfuter l'existence de Dieu, s'en trouve résolu de la façon suivante, toujours selon Watts : 

"You may ask why God sometimes hides in the form of horrible people, or pretends to be people who suffer great disease and pain. Remember, first, that he isn't really doing this to anyone but himself. Remember, too, that in almost all the stories you enjoy there have to be bad people as well as good people, for the thrill of the tale is to find out how the good people will get the better of the bad. It's the same as when we play cards. At the beginning of the game we shuffle them all into a mess, which is like the bad things in the world, but the point of the game is to put the mess into good order, and the one who does it best is the winner. Then we shuffle the cards once more and play again, and so it goes with the world." 

Mais pour revenir à Teilhard de Chardin, selon lui, il allait de soi que lorsque la Noosphère, la sphère de l'esprit, deviendrait suffisamment évoluée, elle créerait un réseau planétaire qui relierait entre elles chacune de ses « cellules ». Et à cet égard, on peut dire que l'apparition de l'internet allait effectivement lui donner raison...

Bref, plusieurs penseurs de la théorie de l'évolution se questionnent aujourd'hui sur la façon dont leurs prédécesseurs ont peut-être interprété de manière erronée - sans se rendre compte du biais idéologique qu'ils avaient– les allées et venues des mécanismes de l'évolution. Bien entendu, il a été nécessaire de continuer le combat des Lumières jusqu'à aujourd'hui afin de mettre une ligne claire entre la science et la pensée magique. Mais il semble que nous assistions à un retour du balancier où le phénomène religieux est maintenant analysé de manière plus objective. Étant donné les succès fulgurants de la science, le religieux n'est plus considéré comme une menace à la Raison, et on est moins prompt à considérer les pratiques religieuses comme étant exclusivement un fatras de superstitions irrationnelles. Car si c'était effectivement le cas, comment expliquer leurs succès du point de vue même de la théorie de l'évolution comme le fait remarquer Bret Weinstein dans le vidéo ci-dessus? Selon Jordan Peterson, c'est la portée symbolique et mythologique, originant d'une morale universelle, qui explique l'apparition et l'importance de la religion comme ciment social, comme vecteur de sens, même si cela n'a le choix de venir avec certains inconvénients; entre autres une trop grande rigidité idéologique. Le débat est lancé et de nombreuses pistes restent à explorer, mais Il semblerait qu'une nouvelle pensée religieuse, mutante, ancrée dans la Raison, soit entrain d'émerger. Et que la Noosphère participe activement à sa propagation...
 

 

#18 Youtube et le retour du sacré / Les pistes de Peterson et Lupasco 

Bien que j'entretienne une fascination pour les années ‘70 - la bande-annonce de The other side of the wind m'a instantanément charmé avec ses couleurs, son grain, son atmosphère, l'innocence sauvage qui s'en dégage... - je suis d'avis que nous vivons à nouveau à une époque fébrile. Le village global annoncé par McLuhan s'est bel et bien constitué et contrairement à l'atmosphère paisible que suggère l'expression, c'est plutôt le contraire qu'elle voulait désigner comme l'atteste son auteur dans le vidéo juste en dessous. Selon la théorie qu’il a formulée dans les années ‘50, la démocratisation des médias électroniques aura pour effet de donner aux politiques identitaires un essor et ce sera la chicane partout dans la cabane... Le village global tel qu'il le concevait n'avait rien d'idyllique et ressemblait plutôt à un village gaulois où on se tape dessus constamment. C'est ce qu'on appelle un prophète ( sauf pour sa lecture du Québec … ).

Mais s'il est vrai que le fond de l'air effraie, et ce pour toutes sortes de raisons, il y a quand même du bon qui ressort de cette frénésie ambiante. Du moins il appert. Mais comme l'humain a tendance à s'intéresser beaucoup + aux choses qui l'inquiètent qu'à celles qui ne l'inquiètent pas, cela force pour ainsi dire les médias à nous servir ce qu'on leur demande. Selon le montréalais Steven Pinker - professeur de psychologie au M.I.T. - ce trait proviendrait d'une époque, pas si lointaine, où il était primordial d'être sur ses gardes si l'on voulait survivre. Et cette constante vigilance que nourrissent les médias contribuerait à nous donner l'impression que le monde n'a jamais été aussi mal alors que dans les faits, nous serions dans un âge d'or pour ce qui est de la longévité et le recul de la violence et de la pauvreté*, et ce partout sur la planète, et en dépit des images que l'on voit quotidiennement. Il se produit certes encore des drames à grandes échelles, il ne s'agit pas de le nier mais de prendre acte que parallèlement aux malheurs qui affligent de nombreuses populations, ceux-ci se produisent à une fréquence moindre, et surtout, des progrès durables sont réalisés, notamment en Afrique, en Amérique du sud et en Asie, et que cela ne reçoit pas nécessairement l'attention médiatique qui ferait que l'on pourrait en prendre acte.** 

Aussi, la multiplication des chaines d'informations en continu participe activement à la propagation du sentiment que tout va mal, phénomène qui se trouve également amplifié par l'apparition du village global comme on l'a vu un peu + haut. En même temps, un autre type d'information qu'a délaissé petit à petit les médias traditionnels émerge du chaos que ce magma de nouvelles perpétuelles alimente. Je parle ici des discussions de fond, des longs échanges, des débats sur des sujets pointus mais essentiels qui, s'ils ont été évacué de l'espace médiatique télévisuel et radiophonique ( à part peut-être chez Marie-Louise Arsenault ), ont pu réapparaitre sur de nouvelles plateformes - principalement Youtube - et rejoindre ainsi un auditoire planétaire. Mais on a beau crouler sous une masse d'informations, celle-ci n'est pas synonyme de sens pour autant. Et ceci ne serait pas étranger, je crois, au fait que le sacré est un sujet qui intéresse pas mal de monde, du moins beaucoup plus que je l'aurais pensé...

J'en prends pour exemple l'étonnante popularité de Jordan Peterson, un professeur en psychologie de l'Université de Toronto ( qui comme Pinker, a étudié à McGill ) et qui fait en ce moment fureur sur la videothèque la plus fréquentée de la planète. Ses exposés et ses débats inspirés de son analyse psychologique de la Bible sont regardés par des millions de personnes. Je ne parle pas ici de dévots protestants du Missouri mais d'une multitude de jeunes et de moins jeunes ( comme moi ) qui ne sont pas nécessairement portés sur la religion. Qu'est-ce qui fait que les histoires qu'on raconte dans la Bible ont autant résonné, pourquoi ont-elles pu influencer à ce point l'Occident ? Selon M. Peterson, ce serait parce qu'elles nous révèlent, bien souvent sans qu'on arrive à mettre le doigt dessus, des éléments fondamentaux de notre psyché; consciente et inconsciente, personnelle et collective. Notre psyché a une histoire et cette histoire nous a façonné, et par conséquent nous fait agir comme ceci plutôt que comme cela, en raison notamment de structures hiérarchiques dont le principe s'est inscrit biologiquement chez les crustacés - grâce à la sérotonine - il y a des millions d'années à travers le processus évolutif... Enfin, je résume vite mais ça donne une idée ( j'espère ! ) pourquoi redécouvrir les récits bibliques avec ces clés jette forcément de nouveaux éclairages sur ces histoires. De là à en déduire que Dieu est un être purement imaginaire, c'est un pas que Jordan Peterson ne franchit surtout pas, au contraire, même s'il avoue cultiver de nombreuses ambiguïtés avec le religieux. D'où son questionnement. Ce qui est fascinant dans sa manière d'aborder le divin, c'est la manière méthodique, désintéressée, scientifique et philosophique, sans compromis ni complaisance, avec laquelle il traque les traces que Dieu aurait laissées en nous, en réinterprétant les récits religieux d'une façon complètement nouvelle, d'une façon presque a-religieuse, chose qui lui est d'ailleurs reprochée par plusieurs penseurs athéistes qui sont souvent désarçonnés de ne pas avoir devant eux un adversaire qui utilise la Bible et sa foi pour défendre ses positions. Il n'est pas là pour convertir qui que ce soit, il cherche avant tout des réponses, et a su avec l'aide de penseurs importants qu'il a lus, re-lus et décortiqués - entre autres Nietzsche, Jung, Dostoïevski et Piaget – mettre au bon moment la lumière sur un aspect essentiel de la psyché humaine : ce que racontent les mythes, les symboles, les archétypes.

Encore là, puisque cela reste du domaine de l'esprit, on peut questionner la relative vérité des symboles mais cela n'entache en rien leur réalité et leur rationalité ; on ne peut nier qu'on en extrait du sens. Mais le terrain est mouvant, j'en conviens. Et il le sera toujours, c'est inévitable. La conscience - la chose qui rend possible toutes les mesures - ne peut être elle-même mesurée. C'est un paradoxe. Qui n'est pas ans rapport avec le sujet qui suit car il existe un autre terrain, beaucoup moins mouvant celui-là, et c'est le domaine de la logique. J'ignore si le philosophe Stéphane Lupasco a carrément craqué le code - beaucoup de choses m'échappent en philosophie - mais je crois que les applications et prédictions que l'on peut déduire de sa logique de l'énergie - logique qui s'applique au final à tous les phénomènes ; qu'ils soient physiques, psychiques, religieux, artistiques, économiques, la réalité en d'autres mots... - pourrait en réconcilier plusieurs avec l'idée du sacré. C'est en méditant d'abord sur les étonnantes contradictions que les pionniers de la microphysique ont observées au début du 20e siècle que Lupasco a commencé à élaborer sa pensée, pensée qui se déploiera à travers plusieurs ouvrages écrits sur plusieurs décennie. Ses réflexions, qu'il a toujours forgées à l'aulne de sa formation scientifique, l'ont amené à développer une logique de l'énergie dont les conclusions semblent révéler la clé du fonctionnement et de l'origine de notre monde, rien de moins..! Pour ceux que ça intéresse, son collègue, le physicien Barasab Nicolescu résume bien sa pensée avec son livre Qu'est-ce que la réalité ? Réflexion autour de l'oeuvre de Stéphane Lupasco. Bien que ses thèses aient marqué quelques-uns des grands esprits artistiques du 20e siècle comme Breton, Dali, Mathieu ou Ionesco, ce fut moins le cas de ses contemporains philosophes et scientifiques. Aussi, comme il demeure à ce jour peu connu dans le monde anglo-saxon, ses idées et sa renommée tardent à éclore, ce qui ne saurait tarder, j'en suis convaincu.

J'ai évoqué en introduction la prophétie McLuhan. L'histoire nous dira si elle retiendra le nom de Lupasco comme étant celui qui sut ancrer à nouveau le religieux dans la rationalité, opérant par le fait même une mutation de la pensée religieuse... La logique de Lupasco donne non seulement raison à Eckhart lorsque celui-ci affirmait que foi et raison n'étaient pas contradictoire, elle possède le potentiel d'incarner le principe moteur qui l'anime - celui du Tiers inclus -  en devenant elle-même la passerelle qui relierait l'objectif et le subjectif, la matière et l'esprit, le troisième terme par lequel cette apparente opposition serait unifiée. Mais pour un moment seulement car la logique de Lupasco stipule qu'une fois la contradiction résolue, s'amènera inévitablement dans le portrait un nouveau couple de contradictoire, couple dont une moitié sera inactive, latente mais bel et bien réelle. On parle d'un état potentiel qui n'a pas d'autres choix que d'être le miroir de l'état actif, visible et donc actualisé ; son actualisation étant aussi le résultat d'une contradiction qui s'exprime à travers la tendance qu'aura le phénomène à se manifester de manière homogène - comme la matière physique - ou bien hétérogène - comme le vivant - . Je sais, c'est pas simple de résumer tout ça en quelques phrases mais s'il fallait retenir une seule chose de ce que Lupasco a découvert, c'est que tout phénomène est le résultat incarné d'une contradiction, et que cette contradiction est forcément le produit d'une seule et même dynamique dont le trait d'union se cache sur un niveau de réalité différent de celui où la contradiction apparait...  Par exemple, on pourrait dire que Jordan Peterson - pas lui mais ce qu'il avance - joue dans une certaine mesure le rôle du Tiers inclus entre l'athée et le croyant. Un universitaire, non-pratiquant, qui s'appuie sur la psychologie et la Théorie de l'Évolution afin de discourir sur le divin - le divin étant ici avant tout un idéal, vers lequel tendrait l'Évolution - voilà qui n'est pas banal. L'opposition entre la théologie et la science telle que perçue par les fondamentaliste et les matérialistes ne sont plus des termes contradictoires lorsqu'ils sont amenés sur le terrain de la psychologie comme le fait Peterson. Les 2 opposés y co-habitent sans problème, la religion étant un un processus évolutif à travers lequel la représentation d'un idéal - qu'il soit réel ou non n'est pas important - se répercute de manière biologique et psychologique chez les individus... On y reviendra car ça comme à brasser dans ce domaine, de nouvelles idées bouscule la science de l'Évolution, d'une façon que n'avait pas vu venir les 4 chevaliers de l'Apocalypse.

 Mais bon, la théorie de Lupasco pose problème en ce qui concerne l'Évolution. Ça m'échappe encore pourquoi mais grosso-modo, le fonctionnement de sa logique ne nécessiterait pas un mécanisme aussi fancy... Toujours selon lui, la psyché humaine serait elle-même le résultat d'une tension équivalente entre l'homogénéisation et l'hétérogénéité de l'énergie, ce qui signifie qu'elle est en quelque sorte incréée, comme en témoigne cette entrevue donnée peu de temps avant sa mort en 1987 :

L'interviewer : "Je voulais aussi dire par ma question, que si l’on prend votre logique en compte, il faudra en déduire que les trois matières macrophysique, biologique, psychique ou microphysique, existaient de tout temps. Comment peut-on imaginer un psychisme avant l’apparition des êtres vivants ? "

Stéphane Lupasco : "Eh bien, tout d’abord une logique est une logique. Elle se suffit à elle-même. Quand on crée une logique, elle peut être constatée après ou non, exactement comme en physique, par exemple, où des hypothèses sont émises pour être ensuite infirmées ou confirmées. Donc ma logique généralisée est une logique autosuffisante en tant que logique; par la suite, on peut vérifier si elle est valable ou non." Et de poursuivre plus loin : « Les êtres vivants sont là avant ma logique que j’ai appliquée aux systèmes vivants; donc même s’il n’y avait pas d’êtres vivants, elle aurait continué à avoir une valeur en tant que logique. Donc au départ, le problème qu’il y ait des phénomènes qui viennent la justifier ou non ne se pose pas. C’est par la suite que l’on peut en faire le constat. » 

Pense à ça. 

Et écoute Barab Nicolescu, ancien collègue de Lupasco, t'expliquer comment toutte est dans toutte...

 

*Avec son ouvrage La part d’ange en nous, Steven Pinker “démontre que la violence a diminué sur plusieurs échelles : tant au niveau de la durée des conflits que leur ampleur. Cela concerne aussi bien les guerres tribales, que les homicides, ou les châtiments cruels, la maltraitance des enfants, la cruauté envers les animaux, les violences domestiques, le lynchage, les émeutes dirigées contre une minorité, ou encore les guerres civiles et entre nations.” 

**Selon la Banque Mondiale, près de quatre personnes sur dix en 1990 vivaient en dessous du seuil international d’extrême pauvreté (1,90 dollar par jour). En 2013, ce ratio était tombé à un peu plus de 1 sur 10. 

Bien entendu, la menace climatique pourrait effacer tout cela, j’en suis bien conscient.

#12 L'affaire avec la musique (et l'infâme Jordan Peterson)  

"I'd heard there was a secret chord 
That David played and it pleased the Lord 
But you don't really care for music, do you?"

                                       - Leonard Cohen

 

J'avoue éprouver une certaine nostalgie lorsque je me rappelle l'heure du souper alors que j'étais encore un enfant, ou plus précisément un pré-adolescent. Je ne sais pas si ma mémoire enjolive mes souvenirs mais j'ai l'impression que c'était un moment où l'on prenait vraiment le temps d'échanger en famille. Nous étions loin d'être bourgeois - mes parents tenaient un dépanneur - mais selon les standards de la rue où j'habitais, nous mangions tard, à 18h, en même temps que commençait le téléjournal de Radio-Canada que nous écoutions religieusement. J'ai l'air de me contredire en disant que c'était un moment où nous échangions mais d'écouter le téléjournal en soupant nous donnait plein de sujets de conversation qui s'ajoutaient aux anecdotes qui s'étaient passées durant la journée. Souvent le repas s'étirait au-delà du téléjournal et nous prenions le dessert en buvant du thé - avec beaucoup de lait et beaucoup de sucre dans mon cas - tout en continuant de regarder l'émission qui succédait aux nouvelles. Je me souviens d'Avis de Recherche, une émission animée par le très moustachu Gaston L'Heureux pendant laquelle il présentait d'anciens camarades de classe à une vedette de l'heure qui, on l'espérait, allait se remémorer des anecdotes cocasses. Il me revient une fois en particulier où Guy Lafleur était l'invité et il ne semblait pas se rappeler de grand chose ni de grand monde. Et lorsqu'il arrivait à mettre un nom sur un visage qui lui disait vaguement quelque chose, son ton monocorde pouvait laisser penser qu'il s'en crissait un peu... La gêne probablement. Je me rappelle aussi d'une fois où l'invité de la semaine - que je ne connaissais pas à l'époque, le chanteur Sylvain Lelièvre* - avait dit quelque chose qui m'avait laissé perplexe et pantois : « La musique, c'est des mathématiques dans l'fond... ». Quoi!? C'était impossible car j'adorais la musique et détestait les mathématiques. Et pourtant...

Elle est tellement omniprésente qu'on en fait pas grand cas mais la musique est vraiment un phénomène unique quand on y pense. Et en tant qu'être humain ayant été fasciné assez tôt par la musique, j'ose affirmer que j'en connais quand même un peu sur le sujet. Il va s'en dire que son pouvoir d'attraction est immense, universel, immédiat, et que son enjouement, sa beauté et son intelligibilité - se fondant simultanément les uns dans les autres - font de la musique un des rares plaisirs qui ne s'érode pas avec l'âge. Pour toutes ces raisons, j'aime penser que la musique n'est rien de moins qu'une manifestation divine. Je ne parle évidemment pas ici d'un dieu barbu omniscient et moralisateur mais plutôt d'un principe organisateur et transcendant (ce qui donne le joli acronyme P.O.E.T. ..! ) à partir duquel la musique dériverait, émanerait comme un écho. Car au-delà de l'aspect physique, vibratoire du son lui-même, la musique produit du sens et suscite de l'émotion d'une manière qu'il est très difficile d'expliquer car cela dépasse justement le langage. Mais il n'en demeure pas moins que la musique nous parle. Et c'est pourquoi elle nous captive autant. Je suis resté quelques années au-dessus d'une petite garderie familiale et il était fascinant de voir des bambins sachant à peine marcher se tenir après la clôture et se déhancher instinctivement avec le gros sourire sur la musique que la gardienne faisait jouer quotidiennement. Depuis, j'aime dire aux élèves à qui j'enseigne la guitare et qui s'interrogent à savoir s'ils «ont» le rythme, que oui ils l'ont, mais qu'il arrive que certaines personnes le perdent, s'en déconnectent avec le temps, en quel cas il est possible de le retrouver, en autant qu'on pratique (en tapant du pied avec un métronome). Tout est rythme quand on y pense. Notre cœur qui bat, les atomes qui vibrent, la Terre qui tourne ; sur elle-même et autour du soleil, le cycle des saisons et les fêtes qui y sont associées, etc. Il y a donc là une part d'explication, je crois, au sens qui se trouve dans la musique. L'aspect rythmique de la musique nous relie à l'infini grand comme à l'infini petit, bref à tout ce qui nous entoure et que l'on contient. Aussi, à partir du moment qu'elle se fait entendre, la musique devient un marqueur du temps. Elle l'épouse, le colore, le rend «visible», ou plutôt audible, et ce faisant le suspend, comme si elle arrivait à se substituer au temps lui-même... 

Mais cela n'est pas dû seulement qu'au rythme, l'harmonie participe aussi à l'entreprise. Que des sons, des notes jouées simultanément par un ou plusieurs instruments puissent faire office d'intro, de couplet ou de refrain, puissent suggérer une sorte de récit, c'est aussi cela je crois qui ne cesse de nous étonner comme auditeur. Inutile d'entrer dans les explications théoriques qui détailleraient pourquoi une chanson qui commence sur tel ou tel accord contiendra dans une grande proportion cette suite d'accord plutôt qu'une autre. Mais que l'harmonisation des notes et des sons soient porteur d'une logique, d'un sens, d'une émotion, d'un esthétisme - tout ça à la fois - est une chose remarquable en soi. Certains s'objecteront en disant qu'il s'agit simplement de conditionnement culturel mais je ne vois pas en quoi cela réfute quoi que ce soit. Toute entreprise humaine est par définition culturelle, surtout lorsqu'il s'agit de disciplines artistiques. Que des patterns finissent par émerger et se répéter n'a rien de surprenant. Et qu'ils diffèrent et ne pointent pas pas tous dans la même direction selon la partie du globe où ils émergent n'a pas de quoi nous étonner non plus. Le phénomène reste le même; la musique transmet un sens qui, s'il peut varier selon les individus et les régions d'où elle provient, n'en est pas moins réel pour autant dans l'instant où elle se déploie. Et à ceux qui répondraient qu'on ne peut se fier sur une expérience subjective telle l'émotion que nous ressentons à l'écoute d'une pièce musicale pour évoquer le réel, qu'il faudrait s'en tenir à des critères uniquement objectif pour ce faire, je répondrais qu'il ne saurait y avoir d'objectif sans subjectif...  

Il s'avère qu'autant pour ce que je viens d'évoquer à l'instant, que pour l'aspect transcendant de la musique, je trouve un allié en la personne du controversé professeur de psychologie de l'Université de Toronto, Jordan Peterson. Pour ceux qui ne le connaisse pas, Jordan Peterson est le nouveau darling de la droite nord-américaine. Il s'est fait connaître d'abord par son opposition à un projet de loi qui exposait à une amende un professeur qui refuserait d'appeler par un pronom non genré (ze au lieu de he ou she) un étudiant qui en aurait fait la demande. Bien qu'il soit disposé à le faire dans sa pratique, il s'insurgeait du fait qu'une loi puisse l'obliger à utiliser certains mots, voyant en cela comme un dangereux précédent. Sa popularité a par après bondi de façon exponentielle à la suite de la diffusion d'une émission d'affaire publique britannique, devenue virale depuis, pendant laquelle l'intervieweuse essayait de lui faire dire toutes sortes de choses à l'aide de questions tendancieuses qu'il réfutait calmement et avec éloquence. Décontenancée, elle s'avoua même vaincue après que Peterson lui ait fait valoir que la poursuite de la vérité ne pouvait se faire sans prendre le risque d'offenser son interlocuteur, chose qu'elle-même ne se gênait pas de faire depuis le début de l'entretien... Avant même de tomber sur cette entrevue, j'avais visionné par hasard un de ses vidéos où il explique rapidement ses vues sur la musique (à partir de 4:25). J'avais d'ailleurs posté un lien sur mon profil FB tellement j'étais content de trouver quelqu'un qui avait les mêmes vues que moi sur ce sujet. Il ne se cache pas non plus d'avoir vécu des expériences mystiques. Bref, ne soyez pas surpris si j'y fais référence. Le fait qu'il soit devenu l'idole d'une certaine droite raciste, misogyne et homophobe - qui manifestement entend seulement ce qu'elle veut entendre et que Peterson condamne - n'entache en rien, du moins si je me fie à ce ce que j'ai pu entendre, l'originalité de ses vues sur le concept de Dieu et les archétypes qui en découlent. Ce vidéo sur le sens de la musique est même plus éloquent que ce que j'ai pu écrire + haut. J'en conviens, c'est très ressemblant mais bon, je vous jure, je pensais pareil avant!


Ça fait longtemps que j'ai fait la paix avec ce qu'avait dit Sylvain Lelièvre. Les mathématiques, autant à travers le rythme que l'harmonie, sont effectivement au coeur de la musique. Et elles sont aussi au coeur d'un autre débat, celui-là beaucoup plus questionnant: Les mathématiques sont-elles l'invention de l'homme ou sont-elles plutôt inhérentes à la nature, au cosmos? Pas facile d'y répondre. Chacun ses préjugés... 

 

 

* À moins que ce ne soit l'émission Star d'un soir..?