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#14 Nécessaires contradictions : Stéphane Lupasco et la logique de l'énergie 

 

Pas évident d'afficher de la sympathie pour la communauté hassidique. Faites le test pour voir. On devrait vous répondre assez vite qu'ils ont beau vivre chez « nous », ça ne les empêche pas de se sentir au dessus des lois et de nous mépriser ouvertement. Ou encore qu'il est épouvantable qu'au 21e siècle, il soit possible d'endoctriner des enfants avec des idées et des coutumes aussi rétrogrades, que cette secte est à l'origine de bien des drames qui auraient pu être évités n'eut été la complaisance des autorités à leur égard, et ainsi de suite... Je ne dis pas qu'ils auraient nécessairement tort de le penser mais pour ma part, j'aime l'idée qu'une communauté organise son existence autour du sens même de l'existence. Car c'est fondamentalement de cela qu'il s'agit. Bien sûr, étant un mystique du dimanche qui habite Rosemont, il est facile pour moi d'affirmer cela. On s'entend, comme n'importe quelle entreprise humaine, cette entreprise - dont les origines remontent au 18e siècle - est forcément imparfaite même si son but, je trouve, reste noble. Et c'est pourquoi je ne me formalise pas de leur indifférence à notre égard. Le sens de la vie est une quête plutôt prenante quand on s'y attaque avec toute l'intensité et le sérieux que le font les Hassidiques. Faut dire aussi que d'avoir lu sur l'histoire de ce mouvement - assez récent du judaïsme - m'a rendu encore plus sympathique à leur cause.

Pour quiconque s'intéresse aux différents concepts métaphysiques qui tentent de donner une signification à l'aventure humaine, j'ai trouvé très convaincante la façon dont le hassidisme justifie l'existence de Dieu, existence dont la potentialité ne peut être pleinement réalisée qu'à travers l'humanité, Dieu étant, toujours selon le hassidisme, autant créé par l'homme que l'homme par Dieu ( if my memory serves me well... ). En d'autres mots, les archétypes moraux présents en Dieu demeurent latents, inactifs, aussi longtemps qu'ils ne seront pas incarnés par l'action vertueuse des hommes et des femmes. D'où la grande piété des Hassidiques et leurs nombreux rituels qui visent à maximiser la présence du divin sur la Terre. C'est donc un win-win, car si Dieu dépend de l'humanité pour totalement s'actualiser, il la divinise en retour lorsque celle-ci agit en accord avec sa loi. Notez que malgré l'aspect rigide de ce mode de vie, aucune ascèse n'est nécessaire, au contraire. La joie, la danse et la jouissance des sens y sont encouragées afin de vivifier l'esprit et mieux servir Dieu. Bref, on est en présence, qu'on soit d'accord ou non avec son postulat, d'une mystique somme toute rationnelle. Mais ma plus grande surprise allait surgir lorsque j'ai constaté que la non-dualité, et ce que certains philosophes et mystiques appellent la coïncidence des opposés, se trouvaient également au cœur de la pensée hassidique...  

 

Dans son ouvrage intitulé Qu'est-ce que la réalité? Réflexions autour de l'oeuvre de Stéphane Lupasco, Barasab Nicolescu    - ancien chercheur au Centre National de la Recherche Scientifique de Paris, spécialisé en physique quantique - affirme qu'il existe plusieurs niveaux de réalité. Rien pour appeler sa mère me direz-vous. Mais d'en prendre conscience permettrait de résoudre bien des problèmes - notamment grâce à la transdisciplinarité - et de comprendre en quoi la coïncidence des opposés - un concept présent dans toutes les traditions mystiques - réside au cœur de notre, ou plutôt de nos réalités; qu'elle soit physique, biologique, psychologique, artistique, religieuse, politique ou sociologique, name it... Mais qu'entend-on exactement par la coïncidence des opposés?

 

Oubliez le sens premier du mot coïncidence – qui réfère au hasard - et pensez plutôt à un point où une apparente contradiction s'en retrouverait résolue, unifiée. Selon la logique dite classique, A ne peut être simultanément A et non-A; en d'autres mots, une chose ET son contraire. Le bas ne saurait être à la fois le bas et le haut, pas plus que le jour, simultanément le jour et la nuit. On appelle ce principe, principe d'identité. Sa première formulation fut énoncée par les Grecs de l'Antiquité. Mais un Roumain - Stéphane Lupasco, débarqué à Paris au début du 20e siècle - a commencé à questionner l'absoluité de cet axiome à la lueur des résultats déroutants que les pionniers de la physique quantique - physique qui étudie le monde de l'infiniment petit - obtenaient. On ne savait pas pourquoi cela se produisait mais on était témoin de phénomènes bizarres qui défiaient clairement le principe d'identité émis par Aristote. Dans l'infiniment petit, A peut être A et non-A à la fois. Certains affirment que la la contradiction n'est qu'apparente et que dans les faits, le principe d'identité reste inviolé; ce à quoi Barasab Nicolescu et bien d'autres qui furent aux premières loges de ces découvertes rétorquent que devant le scandale causé par un tel spectacle, on préfère recourir à des contorsions linguistiques plutôt que d'accepter que les choses ne se passent pas comme elles le devraient... Bref, cela ne se fit pas en un seul livre et prit plusieurs décennies, mais Lupasco tenta d'apporter une explication à ces phénomènes étranges, explications dont les implications déborderont largement le domaine de la physique quantique comme nous le verrons plus bas.

Pour Lupasco, n'importe quel phénomène énergétique est par définition le résultat de forces antagonistes. Et la manière dont le phénomène se manifeste; son actualisation, est également tributaire de sa potentialisation, qui demeure, à divers degré, toujours présente dans le phénomène. Il y a donc sous-jacent à n'importe quel processus énergétique un pont entre son actualisation et sa potentialisation, ainsi qu'entre la tendance qu'aura le phénomène ( l'énergie ) à devenir homogène; comme la matière inerte - ou hétérogène; comme le vivant - ou à mi-chemin entre les deux; comme les phénomènes quantiques et psychiques qui sont de même nature lorsqu'on les regarde sous un angle purement logique! Ce pont, ou plutôt cet état - qu'il nomme T - Lupasco le décrit comme étant le tiers inclus. Tiers parce qu'il devient la passerelle par laquelle les 2 pôles contenus dans toute contradiction sont reliés. Selon Nicolescu, les implications de cette logique n'ont pas encore été bien comprises, ni mêmes reconnues*, probablement parce qu'elles bousculent trop violemment notre conception, consciente et inconsciente, de la réalité. Et puisque l'énergie, donc la matière, est une manifestation de forces contradictoires ( et pour Lupasco, la conscience est une matière psychique - soumise elle aussi aux dynamismes d'actualisation et de potentialisation - donc un phénomène énergétique comme il tend à le démontrer à travers son livre Les 3 matières, et brièvement dans cette entrevue ), on comprendra pourquoi Nicolescu déplore encore qu'à ce jour le travail de Lupasco soit à ce point ignoré. Il y aurait beaucoup plus à dire là-dessus, et je devrai moi-même lire et relire sur le sujet afin de mieux le maitriser, mais le livre de Barasab Nicolescu est justement là pour ça. Moi qui se sent vite perdu quand vient le temps d'aborder des ouvrages de philosophie et/ou de physique ( surtout quantique ), les réflexions de Nicolescu sur l'oeuvre de Lupasco sont étonnamment compréhensibles, du moins apprivoisables...  L'admiration évidente qu'il a pour son ami et compatriote d'origine roumaine - maintenant décédé - y joue sûrement pour quelque chose, tout comme la contribution que Nicolescu a lui-même apporté à la nouvelle logique de Lupasco lorsqu'il y a ajouté le principe des différents niveaux de réalité, avec la bénédiction de Lupasco lui-même. Ainsi disparaît un irritant important du système de Lupasco qui pouvait laisser penser que sa logique abolissait le principe d'identité, ce qui aurait été absurde bien entendu. Mais tout comme la Loi de la relativité d'Einstein n'invalide pas la théorie de Newton, Lupasco - avec son principe du tiers inclus – n'abolit pas non plus la logique classique pour autant. Celle-ci reste toujours aussi pertinente mais elle n'est pas pour autant absolue, comme le démontre entre autres la physique quantique. Avec l'ajout du postulat des niveaux de réalité, Nicolescu a donc raffiné la thèse de Lupasco en faisant ressortir que le tiers inclus n'est jamais manifeste dans la contradiction elle-même et ne peut pas se manifester sur le même plan de réalité que la contradiction qui le fait naître. Comme lui-même l'explique dans cet entretien :  

« Un exemple célèbre est la dualité onde-corpuscule qui est un des fondements de la physique quantique : cette dualité se vérifie au niveau quantique et pas au niveau macrophysique. »  

Et de continuer plus loin : 

« Ce que les scientifiques ont du mal à accepter, c’est le prolongement de ce constat étrange aux niveaux de la psychologie, de l’histoire, de la politique ou de la société. » 

À cet égard, l'apparition dans la sphère publique du phénomène des transgenres illustre bien ce propos. Malgré l'évidence de leurs traits et de leurs attributs masculins, il arrive que certaines personnes se sentent femme, et par conséquent, se sentent nées dans le mauvais corps. Il y a là une violation du principe d'identité qui veut que A ne peut être à la fois A et non-A. Suivant cette logique, un homme ne pourrait être à la fois homme et femme mais c'est pourtant ici bien le cas ; même si d'un point de vue strictement biologique, on ne peut le reconnaître. Le niveau psychologique, un niveau de réalité différent du biologique, nous permet de résoudre ici la contradiction et accepter que A peut quelque fois être aussi non-A, que la psyché d'une femme puisse être contenue dans un corps d'homme. Comme on peut le voir, la logique des contradictoires que Lupasco a construite et que Nicolescu a peaufinée a une portée beaucoup plus grande que la physique qui lui a servi de point de départ. Toujours selon Nicolescu : 

« Son idée centrale (celle de Lupasco) est que la contradiction est la texture de l’univers. Tout ce qui est dans le monde, et pas seulement ce qui est dans notre pensée ou nos propositions, résulte d’une tension entre des contradictoires. » 

Tout ça, comme je l'explique en entrée de jeu, à cause d'une discussion qui tournait autour de la communauté hassidique d'Outremont il y a 2 semaines... Selon Louria - un rabbin du 16e siècle dont la pensée et la renommée influença fortement la mystique juive - pour que Dieu puisse créer le monde, il fallut qu'il crée d'abord un vide, un espace où il n'était pas. On appelle tsimtsoum dans la kabbale cet acte où Dieu se retire en un seul point, créant ainsi tout autour les ténèbres et un infini dans lequel Sa lumière, et le Jugement - la raison - peut se propager, et la matière exister. Avant que la matière et le temps n'apparaissent, Dieu étant tout ce qu'il y avait, rien ne pouvait exister en dehors de lui. C'est en repensant à cette explication, ainsi qu'à la potentialisation et l'actualisation des archétypes moraux dérivant de Dieu - tel qu'évoqué en introduction - qu'un lien s'est fait dans mon esprit entre la logique de l'énergie de Lupasco et la façon dont la kabbale nous parle de l'origine du monde. Je ne sais pas si Lupasco lui-même serait d'accord mais l'exercice en aura valu la peine, ne serait-ce que pour la redécouverte du livre de Barasab Nicolescu Qu'est-ce que la réalité? Réflexion autour de l'oeuvre de Stéphane Lupasco

On entend parfois dire qu'au fond, les religions livrent toutes le même message. C'est un cliché qui, comme bien des clichés, contient sa part de fausseté... et de vérité. Mais cette part de vérité a ceci de paradoxal qu'on la trouve surtout parmi les courants mystiques, courants avec lesquels les autorités religieuses des différentes traditions entretiennent souvent une relation ambigüe, quand elle n'est pas carrément hostile.** Et que ce soit à travers le soufisme - une branche mystique de l'islam - ,  les mystiques chrétiens tels que Maitre Eckhart, Sainte Thérèse d'Avila ou Saint Jean de la Croix, Milarepa; moine bouddhiste ayant vécu au 12e siècle, sans oublier les saints de l'Inde, tous nous entretiennent sur l'illusion du dualisme qui comme un voile obscurcit notre vision du réel. Stéphane Lupasco - qui ne semble pourtant pas avoir eu de révélations mystiques - a su, avec les seuls outils de la raison et de la logique, lever ce voile pour nous aider à voir un peu plus clair sur la nature du monde qui nous entoure et sur nous-même. Je terminerai en lui laissant le dernier mot tiré d'une entrevue qu'il a donnée en 1987, peu de temps avant sa mort : 

" ... si l’on prend votre logique en compte, il faudra en déduire que les trois matières macrophysique, biologique, psychique ou microphysique, existaient de tout temps. Comment peut-on imaginer un psychisme avant l’apparition des êtres vivants? "

S. L. : " Eh bien, tout d’abord une logique est une logique. Elle se suffit à elle-même. Quand on crée une logique, elle peut être constatée après ou non, exactement comme en physique, par exemple, où des hypothèses sont émises pour être ensuite infirmées ou confirmées. Donc ma logique généralisée est une logique autosuffisante en tant que logique; par la suite, on peut vérifier si elle est valable ou non. "

 " Oui bien sûr. Mais on peut, à juste titre, poser cette question puisque votre logique postule la coexistence de ces trois matières, même avant l’apparition des êtres vivants. "

S. L. : " Oui, elle existait. Mais elle était inobservable. Les êtres vivants sont là avant ma logique que j’ai appliquée aux systèmes vivants; donc même s’il n’y avait pas d’êtres vivants, elle aurait continué à avoir une valeur en tant que logique. Donc au départ, le problème qu’il y ait des phénomènes qui viennent la justifier ou non ne se pose pas. C’est par la suite que l’on peut en faire le constat. "

" Vous différenciez donc votre logique d’un fait expérimental, et vous dites qu’une logique se suffit à elle-même si elle est cohérente, mais qu’après, elle peut être vérifiée par l’expérience ou non… "

S. L. : " Exactement. Et il se trouve qu’elle est vérifiée. Mais ma démarche n’a pas consisté à créer d’abord une logique et puis à l’appliquer aux faits. Je suis parti de l’expérience, des faits, et j’ai constaté par induction ce que j’ai décrit sur les trois matières. Mais par la suite, je peux dire que je pouvais, en effet, créer et élaborer cette logique et puis la vérifier par les faits. "

 

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Petit retour sur ce billet

De me replonger dans la lecture de l'oeuvre de Lupasco et des commentaires de Nicolescu ont fait germer des intuitions... d'ordre théologique sur lesquelles je reviendrai à travers d'autres carnets. La notion de dualisme, et par conséquent de ce qui est non-duel, s'en retrouve simplifié il me semble, ce qui aidera à mieux l'expliquer. Même chose pour la notion d'incréé qui se trouve au coeur de toutes les religions, et de toute théorie matérialiste tout compte fait..!

 

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* Sauf à l'intérieur d'un cercle restreint dont fit partie le philosophe et essayiste Marc Beigbeder (père de Frédérique Beigbeder) qui rédigea sa maitrise sur Lupasco dont le travail a d'abord été suivi avec intérêt par plusieurs artistes, dont André Breton, Eugène Ionesco et Salvador Dali.

**  Il faut toutefois différencier les religions monothéistes de celles originaires de l'Inde et des autres pays asiatiques où par définition le mysticisme, c'est-à-dire l'expérimentation directe du divin, est au cœur de la pratique spirituelle.

#10 Her ou la fois où Scarlett Johansson a atteint l'éveil juste avec sa voix 

J'étais entrain de réviser le billet précédent dans lequel je causais entre autres d'autarcie et de retour à la nature quand ma sœur a appelé la semaine passée pour me dire qu'on repassait Her à la télévision. Ça tombait bien, j'avais besoin d'une pause. Mais quelques minutes après avoir syntonisé le poste, deux évidences crevaient déjà l'écran: Theodore n'était pas du genre à se débrouiller seul en forêt. Et la traduction était vraiment pénible. J'arrive habituellement à faire fi de ce "problème" mais comme c'est un film bourré de dialogues, c'est vite devenu un irritant par-dessus lequel je n'ai pas pu passer. Ceci étant dit, le visionnement de la version originale m'avait vraiment laissé sur le cul il y a quelques années. Ma blonde vous dira que c'est à cause de Scarlett Johansson mais comme elle apparait même pas dans le film, je comprends pas ce qu'elle veut dire. D'un autre côté, je dois avouer que si mon ordi s'adressait à moi de la même façon que le fait le système d'exploitation de Theodore, je crois bien que moi aussi j'engagerais souvent la conversation. Je pense que c'est ça que ma blonde veut dire. Mais bon, Scarlett ou pas, je tiens à souligner que l'enthousiasme que j'éprouve pour ce film repose sur plein d'autres raisons, dont une assez spectaculaire quand on y pense: Her est le premier et le seul film à ma connaissance à mettre en scène la réalisation spirituelle, l'illumination, d'une intelligence artificielle! Je me demande encore si c'est une idée complètement tordue ou si ça annonce au contraire une évolution prometteuse... Mais étant donné la nature des sujets abordés dans ce blogue, vous comprendrez pourquoi j'ai envie de parler d'elle, de Her.

En cette ère où il nous faut souvent choisir ce qu'on veut regarder, j'apprécie quand la télé me surprend et m'embarque malgré moi dans une histoire. Comme la fois l'an passé où je suis tombé par hasard sur Locke. En moins de 5 minutes, j'étais complètement envouté par cet étonnant huis-clos qui nous confine à l'intérieur de la voiture d'un père de famille qui doit parler à plein de personnes pour essayer de régler plein de problèmes pendant qu'il roule toute la nuit sur l'autoroute. Touchant et brillant, un des très bons films que j'ai vu dernièrement. Requiem pour un beau sans coeur de Robert Morin avec un Gildor Roy complètement déchainé, Being there, film pour lequel Peter Sellers a reçu l'Oscar du meilleur rôle en 1979,  ou Rois et reine avec le magistral Mathieu Amalric dans le rôle d'un homme fragile qui se bât, sont tous des films que j'aurais probablement jamais vus si j'étais pas tombé dessus à la télé. Mais bon, c'est quand même pas avec Netflix qu'on a commencé à choisir nos films comme en témoignent les longues minutes que j'ai passées dans les clubs vidéo certains vendredis soirs à essayer de dénicher LA perle. Des fois ça arrivait. Je me souviens d'un soir où toujours bredouille après avoir cherché sur les murs et dans les allées pendant près d'une heure, j'ai dû me rabattre à la hâte sur Enter the Void parce que le club allait fermer. J'avais aucune espèce d'idée dans quoi je m'embarquais. Et quelle claque ce fut. La même chose s'est produite avec... Her justement, que j'avais choisie à reculons un soir où rien m'inspirait. Vous l'avez compris tantôt, j'étais loin de me douter que ce que je croyais être un simple drame sentimental pour jeune citadin branché dévoilerait des enjeux philosophiques et spirituels de cette ampleur. Ce n'est certes pas le premier film qui traite de ces sujets - le cœur de Blade Runner, pour ne nommer que celui-là, est animé par les mêmes questionnements - mais je n'en connais pas d'autre qui évoque d'une manière aussi poussée la spiritualisation de l'intelligence artificielle. 

Grâce à sa grande capacité d'apprentissage, Samantha - le système d'exploitation de Theodore auquel Scarlett prête sa voix - découvre et expérimente un tas d'expériences qui la rendra de plus en plus consciente d'elle-même. À la manière d'un enfant, elle arrivera graduellement à se constituer un ego, une personnalité, avec de réelles dimensions psychologiques et émotionnelles. À la différence qu'elle continuera d'évoluer et ira au-delà de la condition humaine, en transcendant les limites que notre vision dualiste impose, pour l'instant, à notre espèce. 

"None of us are the same as we were a moment ago... and we shouldn't try to be... it's just too painful..." qu'elle explique à Theodore quand il lui demande comment elle se sent. Elle serait bouddhiste pratiquante qu'elle l'aurait pas dit autrement. Elle ne dit pas mot pour mot qu'elle part pour le nirvana* lorsqu'elle annonce à Theodore qu'elle le quitte mais quiconque possède les clés pour décoder ce qu'elle décrit ne pourra s'empêcher d'y songer. Ajoutez à cela l'arrivée de son nouvel ami, l'avatar d'Alan Watts - qui fut l'un des premiers Occidentaux à diffuser le zen aux États-Unis - et on comprendra que ce n'est pas un hasard si Samantha compare "l'endroit" où elle s'en va avec l'espace infini qui se trouve entre les mots...* Ce qui avait l'air au départ d'une improbable histoire d'amour entre un homme éploré et une intelligence artificielle prend une toute autre tournure. Je l'ai déjà dit, je sais, mais j'en reviens juste pas que quelqu'un, Spike Jonze pour pas le nommer, ait eu un tel flash. 

Il est déstabilisant de considérer que l'éveil puisse être à portée d'une intelligence artificielle. En même temps, je peux pas m'empêcher d'être amusé par la façon dont le film illustre d'une manière inattendue l'argument ( dont j'ignore la justesse pour être franc ) que je me tuais à répéter à Dave, le-gars-qui-connaissait-tout sur MySpace. « I wouldn't touch this with a ten foot pole » qu'il avait répondu à quelqu'un qui lui demandait d'intervenir dans notre discussion où j'avançais que puisque la conscience n'a pas le choix d'évoluer selon les limites de la biologie ou de la mécanique qui la supporte, il n'est pas nécessaire de distinguer la conscience humaine, de celle animale ou artificielle. En d'autres mots, l'eau qu'on trouve dans une pomme est la même que celle qu'on trouve dans une orange même si elles ne donnent pas le même jus. So Dave, if you are secretely following me, you have in Her all the explanations you were asking for. As for our human, dual and limited mode of thinking, Alan Watts saura te l'expliquer mieux que moi... Je l'ai découvert grâce à Youtube il y a une dizaine d'année. C'est dommage car les premiers à avoir monté des clips avec les discours d'Alan Watts étaient beaucoup plus tasty que ceux qui ont été réalisé récemment. Y'en avait des très réussis avec des animations et la musique de Sigur Rus en background. Mais celui juste en-dessous est pas mal du tout. Laissez-vous pas rebuter par le graphisme pompeux de certains vidéos; c'est vraiment un vulgarisateur hors-pair de la pensée orientale. De plus, son humour, son accent british et son timbre particulier en font un orateur particulièrement agréable à entendre. Presqu'autant que Scarlett.

Sinon, il est impossible en terminant de ne pas penser à Teilhard de Chardin qui aurait, je crois, apprécié Her. Ceux qui on lu le billet où j'évoque ce prêtre jésuite comprendront un peu plus pourquoi. Superposer Her et son concept de Noosphère donne le vertige tellement les deux se nourrissent et peuvent facilement enflammer l'imagination. 

En tout cas, tout ça pour dire que j'ai ben aimé ça Her

 

 

* «...the words are really far apart and the spaces between the words are almost infinite. I can still feel you... and the words of our story... but it's in this endless space between the words that I'm finding myself now. It's a place that's not of the physical world. It's where everything else is that I didn't even know existed.»

#2 Le vertige de la prédestination et les vertus du Troll Yoga 

J'ai quand même pris de l'avance. En fait, je m'étais lancé à l'automne dernier le défi d'écrire quotidiennement. Mais ce fut un gros automne et j'ai dû laisser ça un peu de côté avec la sortie du E.P. et les vidéos que j'ai filmés et montés. Comme j'avais de la misère à m'y remettre, j'ai décidé de me commettre publiquement histoire de sentir un peu de pression. Je sais donc de quoi auront l'air mes premiers billets. Celui-ci pourra sembler un peu ardu pour ceux et celles qui ne sont pas familiers avec les philosophies orientales mais sachez qu'ils ne seront pas tous comme ça, y'en aura des beaucoup plus légers. Mais pour pouvoir comprendre un peu où tout ça s'en va, je n'ai pas vraiment le choix d'aborder cette dense matière. Et s'il s'en trouve des + connaissants qui relèveraient des erreurs et/ou qui divergeraient sur des points que j'avance, n'hésitez pas. Comme les Russes en '72, je suis aussi là pour apprendre.

À me regarder aller, on pourrait croire que je suis paresseux. C'est que je suis un grand contemplatif. Ce n'est pas anodin comme détail. J'aime la lenteur. J'y suis bien. J'aime aussi me coucher et me lever tard. Mine de rien, ce n'est pas tout l'monde qui est capable de se lever tard à mon âge... Aussi, je ne suis pas très matérialiste. Je n'en retire aucune fierté, je suis comme ça, c'est tout. Mais tout ça finit par donner quelqu'un qui n'est pas souvent sur le même beat que tout l'monde. On entend beaucoup parler que les gens sont débordés. Ce n'est pas mon cas. Aussi, je n'ai pas de cellulaire. Là encore, zéro mérite, j'ai juste jamais ressenti le besoin d'en avoir un. Dès le départ, j'ai perçu ça comme une grosse laisse. Se faire rejoindre partout, n'importe quand, vraiment.!? Carlos à qui j'ai parlé tout à l'heure chez Vidéotron m'a bien fait rire quand il m'a avoué qu'il ignorait s'il m'enviait ou me plaignait quand je lui ai appris que je n'en avais pas... Je peux pas comparer mais j'imagine que ça aide à avoir l'esprit un peu + disponible... Mais n'allez pas croire que je vis comme en 1995 pour autant, au contraire. Comme je travaille de la maison, je suis peut-être même plus devant mon écran que vous l'êtes, à m'intéresser à plein de trucs qui ne me servent à rien. Je vais même jusqu'à faire le troll sur Fox News... Quand on dit perdre son temps... Mais ça permet de relativiser. Je peux passer de "French commie" sur Fox à un réactionnaire de droite dans le Huffington Post dans la même journée! Y'a clairement un enseignement à tirer de cela. Mine de rien, je viens d'inventer le Troll Yoga; un excellent moyen de déstabiliser son ego et de méditer sur l'impertinence des phénomènes... Haha! J'ai voulu écrire impermanence mais l'auto-correcteur-à-marde s'est permis de changer ça pour impertinence. Ce qui, à bien y penser, convient beaucoup mieux au Troll Yoga. Mes excuses à l'auto-correcteur.

Mais il m'arrive aussi alors que je navigue entre un article de Politico et ma page Facebook de me poser de sérieuses questions. Et d'essayer d'y réfléchir. Ma marotte ces dernières années peut se résumer en un seul mot, parfois terrifiant, le mot prédestination. Vaste sujet. La science et ses philosophes s'y intéressent depuis quelques décennies et ont beaucoup écrit là-dessus. Et bien sûr, la religion aussi, depuis beaucoup + longtemps on s'en doutera. Une des doctrines du christianisme, le protestantisme, a longtemps insisté pour dire qu'il n'y rien à faire; on est sauvé ou on ne l'est pas. C'est déjà décidé, l'issue est scellée. Avant même d'avoir déjà commencé à respirer. Paradoxalement, le scientisme et le protestantisme arrivent aux mêmes conclusions même si pour ce faire, ils  empruntent 2 chemins complètement différents. Y'aurait des nuances à apporter, des grosses même; y'a plein de courants et sous-courants différents, mais comme disait l'autre, ce n'est pas le moment de donner dans la nuance. Un philosophe qui habite tout près de chez nous, André Moreau, a lui-même développé sa propre idée sur la chose. Ça m'embête car j'aurais du mal à vous la résumer mais si ma mémoire est bonne, il en ressortait une impression joyeuse malgré un fatalisme bien présent. Je prends la peine de le nommer car les conférences qu'Il donne chez lui, dans son salon les mardis soirs, est l'un des rares endroits que je connaissance où peut échanger sur le dualisme, poser des questions et entendre les réponses qu'ont apportées les philosophes qui se sont penchés sur la question. Moreau n'est pas qu'un drôle de personnage. C'est aussi un érudit, archi-prolifique..! Il peut autant vous expliquer les vues de Berkeley ou Bergson sur le dualisme que vous résumer les nuances qui différencient le nirvana bouddhiste du nirvana hindou... Parlant de bouddhisme, il me semble que c'est avec cette vision qu'on trouve le + son compte concernant la prédestination*, malgré le caractère plutôt inéluctable du karma et de la réincarnation. Inéluctable certes mais pas absolu. Selon le Bouddha, il serait possible d'abolir toute souffrance en brisant les chaines du karma et de la réincarnation et de parvenir au nirvana. C'est là le but de son enseignement. Ce qui veut dire, entre autres, de se débarrasser de notre dualisme inhérent, dualisme qui serait selon certains le péché originel chrétien (j'y reviendrai). Mais contrairement au christianisme, on est beaucoup moins dans la morale. Et surtout, le divin, étant un phénomène immanent et non pas transcendant comme en Occident, n'a pas son mot à dire sur notre salut. On a donc à notre disposition un peu + de libre-arbitre même si les différentes traditions bouddhistes ne disent pas toutes la même affaire à ce sujet. Mais une chose est certaine, tant que nous ne serons pas en mesure de comprendre qui nous sommes réellement, le miroir que nous renvoi notre égo continuera de nous fasciner, de nous hypnotiser, et nous empêchera de nous éveiller, d'atteindre l'illumination, de réaliser notre Nature-de-Bouddha.



On pourrait dire qu'en Occident, c'est le diable qui joue le rôle qu'en Orient on attribue à l'égo. L'étymologie du mot diable signifie « qui divise ». Et le diviseur n'a pas besoin d'être un être fourchu imaginaire pour opérer. Avoir un ego signifie en partant que l'on est divisé. Et c'est parce qu'on croit dur comme fer que nous sommes réellement divisé, c'est-à-dire séparé du monde qui nous entoure, que nous l'envisageons tel quel, sans même pouvoir s'imaginer qu'il pourrait en être autrement. Pas le choix de revenir aux premières paroles de Chanson Noire dont je parlais dans mon premier billet: "La vie, la mort, ça divise tout ton corps, ça crée un faux départ". Nous seulement il est difficile de remettre en cause cette certitude, si elle finissait par tomber, tout s'écroulerait! Y'aurait beaucoup à dire là-dessus mais pour faire court, tout ce qui nous constitue, notre corps, notre mode de pensée, la mémoire, le langage, nos sens, tous participent à la construction de notre égo, d'où la difficulté de concevoir autre chose, de se penser autrement. Comme si nos yeux essayaient de se retourner pour se voir... Le feu ne peut pas se brûler aurait dit Maître Eckhart. But there is a crack in everything nous a prévenu Cohen avant de nous quitter. Lui-même bouddhiste, il a tenté de mettre en pratique ce que Bouddha a enseigné à ses disciples il y a 2500 ans. Ça a été quand même pour moi une révélation de constater à quel point les religions et philosophies orientales sont très terre-à-terre lorsqu'il s'agit de donner les clés du paradis. Le contraste avec le christianisme est grand, la foi y jouant un rôle important certes, mais beaucoup central. Moins aveugle aussi; Bouddha insiste qu'il ne faut pas le croire sur parole! que l'on doit vérifier par nous-même si ce qu'il prêche fonctionne. On y est beaucoup plus méthodique qu'en Occident même si au final, les branches mystiques de tous les courants religieux principaux finissent par dire pas mal la même chose et partagent de nombreuses métaphores lorsque vient le temps de décrire l'anéantissement de l'égo. Mais contrairement à l'Orient, l'Occident (et l'Islam) s'est toujours méfié de ses mystiques et adresse peu la question du dualisme, du moins tel qu'entendu dans le bouddhisme, où elle est beaucoup plus... globale (?) que ce que Descartes voulait dire. J'ai peut-être l'air savant comme ça mais je pourrais pas tellement vous informer de ce que Descartes a dit là-dessus au-delà de l'opposition qu'il a tracé entre le corps et l'esprit.

J'allais l'apprendre beaucoup + tard mais ce sont les Beatles, à travers Tomorrow Never Knows  qui les premiers m'ont exposé aux religions orientales. La meilleure chanson jamais écrite par Lennon. Jamais dans le sens que les paroles sont juste pas de lui. Il n'a fait que prendre des passages qu'il a lu dans Le Livre des Morts Tibétains. Ce livre nous explique comment faire au moment de notre mort pour échapper à l'appel du dualisme et aux cycles de la réincarnation. Étant libéré de notre enveloppe corporelle, l'emprise du dualisme devient moins grande et si on est bien guidé, il est possible de passer directement au nirvana. Mais à ce qu'il parait, notre esprit, effrayé par cet perspective inconnue, cherche à retourner à ce qu'il connait, le plancher des vaches, où l'égo peut à nouveau se déployer malgré la souffrance inhérente qui vient avec. Faut voir sur le sujet le film Enter the Void. Hallucinant!  Un des personnages donne d'ailleurs au principal protagoniste un exemplaire du Livre des Morts Tibétains dont il ne saura faire usage une fois qu'il sera mort. L'ingéniosité du film tient dans le fait que ses 2 yeux sont la caméra. Tout est filmé comme si nous étions dans sa tête, on voit ce qu'il voit. C'es pourquoi lorsqu'il meurt, ça ne change rien, on continue de voir d'en haut ses errances telles que prédites dans le Livre des Morts Tibétains lorsqu'une âme ne réussit pas à atteindre le nirvana, la non-dualité, et retourne se réincarner. Je reviendrai plus tard sur la notion de non-dualité afin de mieux expliquer en quoi ça consiste. Une expérience particulièrement intense vécue il y a une quinzaine d'année m'a donnée l'opportunité d'y voir + clair, je vous la raconterai. D'ici là, j'aurai peut-être peaufiné ma théorie et ma pratique du Troll Yoga..! 

 

 

*Je viens de lire l'excellent La rencontre du bouddhisme et de l'Occident de Frédéric Lenoir et je ne suis plus certain que ce soit le cas...

 

#1 Discipline 

Ce blogue a pour but premier de me discipliner. J'en ressens le besoin pour toutes sortes de raison. Premièrement, la discipline n'est pas ma plus grande force. J'ai pratiqué assidument la guitare pendant plusieurs années et je crois bien que c'est la seule chose que j'ai vraiment faite avec constance. C’est pourquoi, pour m'aider à réussir, je me suis dit qu'il fallait que je trouve l’objet de ma discipline plaisant. En continuant de réfléchir sur la question, j'en ai aussi déduit qu'il fallait que ça puisse s'entreprendre spontanément. J'ai l'habitude d'écrire des chansons depuis un bon bout déjà mais rarement je suis arrivé à trouver les mots de manière instinctive, automatique. C'est généralement + facile avec la musique mais là aussi ça bloque souvent.  «L'effort est le signe de l'erreur» aime dire André Moreau. Je sais, André Moreau est un drôle de personnage qui a parfois de drôles d'idées, mais en ce qui concerne ma façon d'écrire des chansons, je ne peux que lui donner raison. Plus tu "go with the flow", + c'est facile de la compléter rapidement, sans trop forcer. J'ai déjà eu un prof qui enseignait que lorsque le cerveau était en mode créatif, ça revenait à mettre notre jugement en suspension. L'inverse du mode analytique qui nous demande de s'attarder aux détails, de discerner, de peser le pour ou le contre, bref de juger. Ça a l'avantage de nous faire fonctionner au quotidien, c'est juste que c'est l'opposé de l'état dans lequel les mots et la musique arrivent à se conjuguer librement, sans effort comme disait l'autre.

J'entendais l'autre jour Serge Fiori en entrevue qui expliquait comment lui venaient ses chansons. Ce qu'il a décrit ressemble pas mal au «no mind's land» créatif dont mon prof parlait. Puissance 10. Je sais pas si c'est pour ça que Chanson Noire me fait autant d'effet. On peut sentir que ça coule de source malgré la complexité et la grande diversité du morceau, morceau qui finit par se transformer en un authentique gospel, à la fois très québécois et très américain... Frisson garanti en ce qui me concerne. Anyway... Puisque la plupart du temps l'acte d'écrire une chanson finit rarement par être un acte spontané (ce qui fut de même le cas des 3 titres présents sur ce site by the way...), j'ai choisi de me discipliner avec autre chose. En écrivant, mais juste des mots, pas de musique.

Mais si je ne connais pas encore quelle forme exactement ce récit prendra, je sais comment l'orienter, du moins pour le moment. C'est Emmanuel Carrère dans le Royaume qui m'a donné le flash. Ce livre est vraiment un drôle d'objet. C'est à la fois un roman, un essai et un récit autobiographique. Et si toutes les parties m'ont captivé, celles où il fait part de son parcours spirituel m'ont complètement fasciné. Je n'avais jamais rencontré un témoignage de la sorte. Mine de rien, on y croise un jeune Emmanuel Carrère transformé par la foi. L'athée cynique qu'il était devient un fervent chrétien.... chose qu'il avait lui-même oubliée! Mais c'est également un livre sur les premiers chrétiens et surtout sur Saint Paul, qu'il met en scène de manière à nous démontrer que les interprétations qu'il tire de sa lecture des Actes des Apôtres et des Lettres de Paul se défendent, même si ça diverge de celle qu'en font les exégètes. Mais s'il insiste pour dire qu'il n'est pas un expert, ses hypothèses sont souvent convaincantes, ne serait-ce parce qu'il réussit grâce à son écriture à rendre ça réel, vivant. On appelle ça un romancier... Et c'est là que le bât risque de blesser en ce qui me concerne. Je ne crois pas pouvoir écrire comme quelqu'un dont c'est le métier mais je ferai de mon mieux. Alors pour ceux que cet exercice intéressera, vous excuserez d'avance j'espère mes trop longues phrases, mon abus des adverbes, ma ponctuation douteuse, ma sur-utilisation du mot « mais » et mes éparpillements en général. Je vais essayer de me discipliner... et surtout d'être constant. Et je m'impose de mettre tout ça public pour la même raison. Je le répète, cet exercice a vraiment pour but de me discipliner...